le cancer qui frappe mon fils

Lundi 21 septembre 2009
c'est avec beaucoup de bonheur que je viens ici vous apprendre que mon fils est en rémission, qu'après une année de bataille il est enfin sorti d'affaire. Il a repris après un an d'absence le chemin de l'école, ses cheveux ont repoussés. C'est un grand bonheur pour notre famille. Nous nous en sortons plus soudés que jamais, car nous avons traversés ensemble de terribles épreuves telle les grandes souffrances que notre fils a enduré avec courage. Tout cela est maintenant derrière nous.

La routine va reprendre, je vais retourner à mes cours de violoncelle, je vais lui faire faire ses devoirs le soir avec bonheur, un grand bonheur, parce qu'il sera là, à coté de moi, et que tous n'ont pas cette chance
Par Nuese
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Mardi 11 novembre 2008
Mèche à mèche tu t'effeuilles, et je ne compte plus l'amour que j'ai pour toi.
Passionnement ? A la folie ? Ton petit visage est en automne. Une caresse sur ta tête emporte tes cheveux comme s'ils n'avaient jamais été que simplement posés sur ton crâne.
Ta peau nouvellement découverte est blanche, douce, fragile. La courbe de ta tête est belle, cernant ton regard glissant et fatigué.

Assis au fond d'un fauteuil, d'une main tu lis, de l'autre tu retires par touffes ce qu'il te reste de cheveux.
Mon fils je t'aime, et l'esquisse de ton visage est encore plus belle dans sa nudité.
Par Nuese
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Dimanche 9 novembre 2008
Je perds les cheveux de mon fils. Enfin pas encore, pas en vrai. D'ici une semaine il va les perdre. Et depuis un mois, je ressens cette perte et ce vide sur mon crane.

La peur qu'il a, je l'ai dans mon ventre, j'ai mal au ventre de lui. Le cancer qu'il porte je le ressens. Mon angoisse et ma culpabilité peut être le traversent.
 
Je me dois de me séparer de lui. Je le lui dois, aussi. Que ses douleurs soient sienne, que mes doutes restent miens. c'est beaucoup exiger d'une mère, mais justement une mère doit garder sa place de maman et non se confondre avec les générations passées ou futures. L'ordre des générationsa pourtant été bien bousculé dans ma famille. Et cette maladie vient enfoncer le clou.


PS : aujourd'hui 8 novembre, mon fils commence à perdre ses cheveux, brusquement et en grande quantité.
Par Nuese
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Dimanche 9 novembre 2008
Le mot "cancer" tourne et tourne dans ma tête et détourne mon attention au quotidien. J'ai chaque minute l'envie de sortir de ce cauchemard. Mais il n'y a que deux issues : la longue et difficile bataille pour la guérison, ou bien la mort. Et ce n'est pas à l'enfant de faire ce choix. On ne peut que désirer la vie pour son enfant. quelle est cette tâche en lui, qui lui fait du mal ? Ce mot "cancer", que j'arrive à écrire mais pas encore à dire.

Je n'arrive pas encore à digerer les longues journées inquiètes et immobiles à lh'opital. Les têtes lisses et brillantes des enfants, les appareillages de chimio, la gentillesse des aides soignantes, les bons repas servis aux enfants. Tant de choses faites pour ces enfants. c'est donc si grave cettte maladie ? Oui. Et je ne me sens pas suffisemment armée pour l'affronter sans faillir. J'ai toujours mal au pied, mes déplacements sont limités. J'ai toujours la tête fragile. Je connais mes fragilités mais je ne sais pas comment je vais les dépasser ou les mettre de coté afin d'être solide pour mon enfant.

Mes yeux se ferment, je me sens très fatiguée. A l'hopital, la lumière est forte et crue, le bruit constant, les gens sont toujours en mouvement, les pieds claquent par terre.
Par Nuese
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Samedi 18 octobre 2008





Il n'y a plus rien de sérieux. Plus rien excepté mon fils ainé et mon fils cadet, mes deux enfants. Tout s'efface devant eux. Ils avancent dans l'avenir d'un pas sûr, brûlant l'air autour. La maladie est là. Et malgré le cancer de l'ainé, ils brûlent de vie.
Leur énergie me tire, me met en transe, me porte. L'incandescence c'est la maladie et la vie ensemble. L'incandescence maintenant éclairera et donnera un sens à chacun de nos actes, chaque chose sera diaprée.

Les personnes deviennent des satellites en orbite autour de mon enfant malade, leur face noire et leur face lumineuse ensemble pour nous donner la force de ne pas succomber d'angoisse.
Par Nuese
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Vendredi 10 octobre 2008
A chaque fois que je tente d'écarder le rideau de fumée qui me sépare de l'existence, j'ai l'impression de me prendre un mur dans la figure. Chaque fois que je me prends le meur, c'est trop douloureux alors je me retire derrière le rideau de fumée en me disant que je cauchemarde et que je vais me reveiller.

Ca fait une heure que je me prends le mur chaque minute qui passe. Depuis une heure je suis seule et je peux enfin baisser ma garde devant le diagnostic posé sur mon fils : tumeur à la vessie. Il a sept ans.

Si je reste face au mur, à contempler l'avenir de mon fils, je sens tout l'intérieur de mon corps se transformer en sable et tomber sur le sol. Un souffle d'air pourrait m'éparpiller. Aussitôt, par peur, je plisse les yeux pour que revienne la brume et que le mur s'estompe.

Je n'ai pas encore le courage de me laisser envahir par la douleur, parce que je sais que l'intensité que je pourrai ressentir sera moindre que ce que mon fils ressentira.

Mon coeur se serre déjà à l'idée qu'il va avoir mal à la suite de cette première intervention, le 13 octobre prochain.
Par Nuese
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