histoires de vies

Mardi 29 septembre 2009
Je l'ai appelé. J'ai osé, plutôt que de lui envoyer une lettre. J'ai pu poser des questions et avoir un début de réponse. Sauf qu'à la question "   pourquoi"   la seule réponse que j'ai eu a été "  le psychiatre m'a dit que c'était une tare, que j'étais taré" .  Est-ce vrai ? Je doute qu'un psychiatre puisse lui faire une telle réponse.

J'ai pu entendre et savoir de sa bouche QUI  l'a violé lorsqu'il était enfant. Ce n'était pas un membre de la famille. Ouf. C'était un voisin. Ainsi nous sortons de la totale répétition. Il y a bien répétition des viols, mais pas à l'intérieur de la famille uniquement.

Il voulait mon pardon. Il voulait à tout prix mon pardon. Je lui ai dit qu'il ne l'avait pas, et qu'il ne l'aurait jamais. Il ma même demandé si je voulais qu'il se supprime. Un instant la question a fait le tour dans ma tête... j'ai failli lui dire.... et puis je lui ai dit non. QUe ce que je voulais, c'étit qu'il réponde à mes questions.

Et puis le plus important, le plus grand, le plus beau, ça a été ses excuses. "  Pardon. Mille fois pardon. Je suis prêt à faire n'importe quoi pour toi".  

Depuis ce moment je ne suis plus tout à fait la même. Il s'est reconnu coupable. Il a admis. Il a avoué. Il n'ira pas en têle, non. Mais je sais maintenant qu'il vit l'enfer chaque jour. L'enfer de l'enfant violé qu'il a été, et l'enfer de la culpabilité. J'ai pitié de lui. Il est un monstre, mais il est humain. Un homme qui n'avait aucunes excuses, mais un homme qui a su également se montrer bon.

J'ai de la peine, une peine immense, un infini regret, de tout ce bonheur qu'il a gâché, cette joie qui aurait pu baigner notre relation.

Je ne lui pardonne pas. Mais je vois en lui un être humain et plus seulement un monstre.
Par Nuese
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Jeudi 11 septembre 2008
papi  est mon grand père.


Papi n'avait guère que 10 ou 12 ans lorsque qu'Elle a disparut. La tuberculose faisait toujours des cadavres dans les années 30. Comme beaucoup d'enfants de son âge, vivait en pension, certainement à cause de la maladie de sa mère.

Elle est morte à l'hopital, chez les bonnes soeurs, en présence de son fils.

Pour une raison obscure les bonnes soeurs ont refusées de faire la veillée funèbre et l'enterrement religieux. C'est donc papi, 10 ans ou 12, qui a dû ramener le corps de sa mère en train. c'est cet enfant qui a veillé sa mère avant la mise en terre.

Il m'a dit lorsque j'étais enfant que l'ont pouvait tout surmonter, sauf la mort.

Papi a donc fini son enfance en pension avec d'autres enfants pauvres, à coté des riches. Il a eu froid, il a eu faim au coté d'enfants bien nourri. Il ne s'en est jamais plaint.

Papi m'a souvent dit que la sodomie faisait mal. Je n'ai su que des années après qu'il avait été violé, enfant, par son père ou son grand frère.

" On peut tout surmonter ". Oui, mais à quel prix ? Il est devenu pédophile et incestueur, il a fait plusieurs victimes, dont ma mère, puis moi.
Par Nuese
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