Samedi 23 août 2008
Un cri vibrant mais sourd vient sans cesse me cogner les parois. Un cri qui roule, rebondit et me heurte sans cesse. J'en ai mal à la peau.
 

Ma peau, ce lieu où je suis, est trop sensible. Le soleil est picotement, le toucher est brûlure, l'air est irritant. Ce n'est pas une image, une vue de l'esprit. J'ai vraiment physiquement mal à la peau. Et aucun autre choix que de l'habiter. Y rester, avec mon cri à l'intérieur qui se bringuebale sans arrêt. A chaque moment de la journée il vient me heurter le cerveau. Quand ce n'est pas le cerveau, c'est la jambe qui ne me porte plus, ou la peau qui brûle.

C'est aussi ça, l'inceste. Abimer la peau, l'user jusqu'à l'écorchement vif.
Par Nuese - Publié dans : les lieux
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Samedi 23 août 2008

Il existe dans ma tête différentes virginités.

Celle de l'hymen physique, qui est reconnue par la société. 

Celle symbolique, que je ressens, et que je qualifie de la couleur bleu : une virginité de la relation sexuelle en dehors de la famille de sang.

Celle symbolique encore, mais une autre, que je qualifie de la couleur rouge : la virginité de l'âme que l'on garde toute sa vie à moins d'être violée.

Et d'autres encores, qui s'imbriquent les unes dans les autres, mais que je ne sais pas définir. Je n'arrive même pas à en attraper l'idée.



 Ma virginité physique a été prise par mon grand père, sans souvenir précis.

Ma vigrinité symbolique bleue : l’ai perdu à 18 ans dans les bras du premier passant. C’était pour moi quelque chose d’extraordinaire : je m’ouvrais vers l’extérieur. J’ai été fière de cette pseudo « première fois » qui m’a apporté du plaisir. J’étais alors en plein déni. Cette première fois « normale » avec un partenaire a eu lieu pendant mes règles. Ainsi quoi qu’il ait pu advenir, j’avais saigné lors de ce premier rapport officiel. A suivi un nombre incalculable d’amants de passage. Il suffisait qu’un garçon propose pour que je dispose.

Autre virginité symbolique, rouge : il n’y a pas que du sexe que l’on est vierge. Mon grand père s’y est pris en deux fois pour rompre l’hymen de mon esprit.

La première fois, ce fut lors de ses premiers attouchements. J’avais ensuite, lorsqu’il allait plus loin, vite pris l’habitude de me laisser faire, de séparer ma tête de mon corps, pour qu’elle ne sache pas ce qu’il se passe en dessous.

La seconde fois, la pire chose, paradoxalement, qu’il m’ait fait : il m’a roulé un patin. Peux pas dire le mot « embrasser ». Ca m’a fait voler en éclat. Ma tête avait toujours su se détacher du corps pour pouvoir oublier. Et là, ma tête était prise à parti. Il m’a même demandé si cela m’excitait.


J’avais 12 ou 13 ans. Non ça ne m’excitait pas. Ca me dégoutait. Autant pour le sexe mon immaturité et ma naïveté m’ont fait penser que ces actes pouvaient êtres normaux. Autant le baiser sur les lèvres quand on est jeune ado, c’est un doux rêve, une sensation légère. Une touché délicat de celui dont on est tombé amoureux dans la cour de récré. C’est un baiser religieux, qui ne doit s’offrir qu’entre ado, un bonheur que j’imaginais immense.


IL M’A VOLE CELA

MON PREMIER BAISER ME FUT DONNE PAR UN DENTIER ENTOURE DE SON PROPRIETAIRE, MON GRAND PÈRE.

Et il n’y a pas été superficiel, ce baiser.


Il m’a volé le plus doux, le plus subtil et secret souvenir d’ado.

Il m’a pris mes premiers baisers, et mes premiers calins.

Par Nuese - Publié dans : retour sur mon passé
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Samedi 12 juillet 2008
Voilà 10 ans que je suis sortie du déni.

Il y a 10 ans j'ai éprouvé  l'effroi. Le vrai, le pur : celui d'avoir commis l'Interdit, avec "le" grand père. Enfin commis... j'ai été commis d'office, par lui faite sa maîtresse. A quel âge ? Je ne sais toujours pas trop. Les limites, je ne les connaissais pas. Alors aujourd'hui, trouver la limite de "l'avant" et de "l'après" m'est impossible.


Je ne sais pas trop ce que je veux faire de ce blog.
Je sais que je ne veux pas en faire un énième plagiat décrivant les conséquences, les causes, les définitions... Je mettrai les liens qui conviendront, afin que mes éventuels lecteurs puissent s'informer.

Je voudrais en faire une sorte de topologie intérieure, afin que les lecteurs puissent appréhender l'univers intérieur d'une victime. Sortir du fait divers, du sensationnel, du lacrymal.

Je voudrais aussi faire comprendre si je le peux, de quelle manière l'on devient victime. Non pas pourquoi, parce qu'il n'y a pas de pourquoi, mais comment.

... Il me semble prendre ici des engagements que je ne suis pas sûre de pouvoir tenir. Nous verrons bien. L'intention est un premier pas sans lequel il n'y aurait rien. Et face à l'inceste il faut opposer de la résistance. Il faut progresser dans la levée du secret.


Par Nuese - Publié dans : les lieux
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